08.12.2008

Mugabe, l'hallali enfin ?

On l'a tellement souhaité que si la chute devenait enfin réalité, on aurait du mal à y croire.

En tous cas, pour Mugabe, plus que jamais, cela ressemble tout de même au chant du cygne. Une conjonction exceptionnelle d'événements depuis quelques jours laissent sérieusement à penser que le dictateur serait contraint à lâcher le pouvoir :

D'une part, des militaires insatisfaits et qui pillent des banques pour non paiement de leur solde. Un des piliers tout de même du régime de Mugabe qui commence à se fissurer. Une erreur qui pourrait lui être fatale. En général, quand l'armée commence à se retourner contre son chef, pas très bon signe...

797950184.gifD'autre part, l'épidémie de cholera qui s'est propagée comme une traînée de poudre ! Face à un verre plein de souffrances, de terribles épreuves quotidienne, c'est celle de trop pour un peuple qui vit dans des conditions qui vont au-delà de ce que l'esprit peut imaginer même dans ses délires les plus fous... Une épidémie, qui, de surcroît, menace directement de franchir les frontières. Ses agents ? Les centaines de milliers de réfugiés zimbabwéens... En particulier en Afrique du Sud.

Enfin, la mobilisation internationale qui, sans conteste, va crescendo. Après la troïka Jimmy Carter - Kofi Annan et la femme de Mandela, c'est à l'Union Européenne par son président en exercice, Nicolas Sarkozy, d'élever la voix. La pression monte pour le dictateur. Mais aussi pour un état qui n'est pas à la hauteur de sa puissance et de ses responsabilités régionales depuis le début de la crise qui frappe son voisin : l'Afrique du Sud. L'Europe a raison d'appuyer et de rappeler l'Afrique du Sud à ses devoirs régionaux.

Depuis le départ de Tabo Mbeki, on constate, toutefois, un changement d'attitude des autorités sud-africaines. Mugabe n'a pas encore été lâché. Mais progressivement les distances sont prises. Pas assez rapidement au goût de la Communauté Internationale.

Une ambiance qui n'est pas sans rappeler celle qui prédominait à la fin de l'Apartheid. Quand, en l'occurrence, la communauté internationale avait décidé d'appuyer sur l'accélérateur des sanctions. On connaît tous l'issue.

Pourvu que le Zimbabwe ait la joie de connaître le même épilogue... et vite !

A lire cet article en complément

Écrire un commentaire